Messe de la nuit de Noël ou messe de Minuit ?

Dans nos paroisses, l’heure de la messe de la nuit de Noël varie : certaines messes sont dites en début de soirée, d’autres commencent à minuit et d’autres encore finissent à minuit. Dans les monastères, on a gardé cette tradition de célébrer la messe de la nuit aux alentours de minuit, le plus souvent précédée d’un office de prière : les vigiles.

Pourquoi attendre le milieu de la nuit pour célébrer Noël ?

Pour les chrétiens, la fête de Noël (du latin natalis, « naissance », « nativité ») célèbre la naissance de Jésus, Fils de Dieu, le Sauveur attendu, annoncé par les prophètes.
Dès le VIe siècle, l’habitude s’est prise de célébrer trois messes à Noël : dans la nuit, à l’aurore et au milieu du jour. C’est un même mystère qui est célébré mais, à chaque fois, avec sa couleur propre et des textes différents. Ainsi, la première messe était célébrée à minuit car c’est une heure symbolique : elle marque l’arrivée du nouveau jour et donc le passage des ténèbres à la lumière.

Une lumière resplendit au milieu de la nuit

La célébration au milieu de la nuit nous rappelle ce que les prophètes avaient annoncé : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi » (Isaïe 9,1).
En écho au chant prophétique de Zacharie, le père de Jean-Baptiste qui sera le dernier prophète de l’Ancien Testament, et qui annonce « l’astre d’en haut » venant nous visiter « pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix » (Luc 1,78).

En famille (témoignage)

« Le soir de Noël, après un repas simple, mes parents nous couchaient, puis ils nous « réveillaient » pour aller à la « messe de minuit ». Il faisait nuit noire, il faisait froid, et avec mes frères et sœur nous arpentions les rues désertes de la ville pour rejoindre l’Eglise Notre-Dame la Grande. Puis, heureux d’avoir célébré et chanté « le divin enfant », nous revenions à la maison tous guillerets. Une belle table nous attendait : nappe de fête, belles tasses, chocolat chaud, brioches et mandarines. C’était un moment unique. Nous allions ensuite nous coucher « pour de bon ». Le lendemain matin, nous nous retrouvions autour du sapin de Noël et c’était le moment des cadeaux. Le repas de fête était après la messe du jour de Noël. Et souvent, cet après-midi-là, mes parents invitaient un étudiant étranger. Mine de rien, par cette tradition, mes parents nous ont donné le sens de Noël. Ils nous ont fait comprendre ce que nous célébrions. C’était bien l’amour du Christ qui nous unissait en famille, c’était Lui la source de notre joie et de notre paix, mais aussi la chaleur d’une lumière à partager ».

Aujourd’hui, il semble que ce soit le repas festif du soir, ce fameux « réveillon », qui soit le cœur de la fête … Pourquoi ne pas revenir à la tradition ancienne qui faisait de la célébration de la « messe de minuit » le pivot de la fête et qui replace le Christ au centre de nos familles ?

2018-12-22T21:12:15+00:000 commentaire

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