« Dieu invisible, dans l’immensité de sa charité, s’adresse aux hommes comme à des amis, et converse avec eux pour les inviter à entrer en communion avec lui et les recevoir en cette communion»
Verbum Domini. 6

Lire la Bible, les Saintes Écritures ou la Parole de Dieu ? Quelle différence ?

  • Bible. Le mot Bible fait référence au livre, au sens « technique » du terme. Mais le christianisme n’est pas pour autant une « religion du livre », il est « une religion de la Parole » : Dieu a parlé à l’humanité en son Fils, « la Parole faite chair ».  (Cf Verbum Domini § 7)
  • Saintes Écritures. La Parole de Dieu s’exprime en premier lieu (mais pas uniquement) par l’Écriture, qui comprend l’Ancien et le Nouveau Testament rassemblés dans la Bible. Il ne s’agit pas seulement d’un texte, d’une histoire, mais de Quelqu’un. « Pour cette raison, l’ Eglise a toujours vénéré les divines écritures comme elle vénère aussi le Corps du Seigneur. » (C.E.C.§103).
  • Parole de Dieu. La Parole de Dieu dépasse la notion d’écriture. Elle désigne la manière dont Dieu se révèle à nous, nous parle, y compris à travers  la création ou les évènements.
  • Cette Parole unique s’exprime donc de différentes manières, comme « une symphonie à plusieurs voix dans laquelle le Verbe unique s’exprime. » (VD §7)

Comment accueillir la Parole de Dieu?

Dans la parabole de la semence, la Parole est accueillie différemment par ses divers auditeurs: tous « entendent », mais seuls ceux qui la « comprennent » (Mt 13,33) ou l’ « accueillent » (Marc 4,20) ou la « gardent » (Lc 8,15), la voient en eux porter son fruit, un fruit de vie éternelle (Jn 5,24).

« A Dieu qui révèle il faut apporter l’obéissance de la foi », par laquelle l’homme s’en remet tout entier librement à Dieu, en présentant « à Dieu qui révèle la pleine soumission de l’intelligence et de la volonté » et en donnant de plein gré son assentiment à la Révélation qu’il a faite » (D.V. §5

Alors, concrètement, quelles dispositions de cœur pour aborder la Parole de Dieu?

  1. Se disposer à lire la Parole avec un cœur humble qui est prêt à écouter, à se laisser enseigner et conduire au-delà de ses propres idées. Lâcher ses aprioris.
  2. Être animé par la recherche de Dieu. Désirer le rencontrer, l’entendre, l’écouter.
  3. Prier l’Esprit Saint pour qu’Il ouvre notre esprit à l’intelligence des Écritures (Lc 24, 45).
  4. Prendre le temps et s’appliquer à une lecture méthodique.

Comment étudier les Saintes Écritures?

S’aider de bons guides de lecture: par exemple, une grosse bible d’étude telle que la Bible de Jérusalem (B.J.) ou la Traduction Œcuménique de la Bible (T.O.B.) et lire les notes et commentaires correspondants au passage lu. Ensuite, pour aller plus loin, lire par exemple des commentaires des Pères de l’Église ou s’aider des cahiers évangiles.

Nous pouvons comprendre la Parole de Dieu de manière différente sans  en altérer le sens. Il y a plusieurs lectures à faire sur un même verset. Mais, il s’agit cependant de ne pas tordre la Parole et de veiller à ce que sa propre compréhension ne s’oppose pas à l’interprétation reconnue en Église.

Il y a donc plusieurs manières d’étudier la parole de Dieu, plusieurs méthodes avec différentes clés de lectures, mais toutes requièrent du temps et de l’application.

« Si vous lisez sans aucune attention, ou si vous rejetez le livre avant de l’avoir lu, quel fruit pensez-vous recueillir d’une telle manière d’agir? Si vous ne vous appliquez point à l’écriture de manière à vous la rendre familière, quand croyez-vous qu’elle vous révèlera ses lumières? » Bx Guerric d’Igny

Les différentes clés de lectures:

Le texte biblique peut avoir plusieurs SENS:

  • Le sens LITTERAL: il enseigne les événements, c’est-à-dire ce qui s’est passé. On l’appelle aussi sens historique.
  • Le sens SPIRITUEL (ou allégorique) enseigne ce qu’il faut croire, c’est-à-dire ce qui est caché sous la lettre, autrement dit : les mystères de la foi, ou par exemple les préfigurations du Christ (lecture christologique).
  • Le sens MORAL: il enseigne ce qui est à faire, il indique l’effort de conversion à mener.
  • Le sens ANAGOGIQUE enseigne ce vers quoi il faut tendre, ou encore, nous montre ce vers lequel nous allons, ce vers quoi nous tendons: la vie éternelle.

Pour simplifier, nous pouvons aussi procéder ainsi :

  1. Situer le texte dans son contexte (lire le passage qui précède et celui qui suit), dans son milieu historique et géographique. Regarder le style littéraire (s’agit-il plutôt d’un mythe, d’un poème, etc. ). Quel est l’évènement qui est relaté, pourquoi ? Que veut-il dire aux destinataires de l’époque?
  2. Quelles sont les données de foi (données théologiques) qui me sont transmises à travers ce texte ? (ex : la foi en un Dieu unique).
  3. En quoi ce texte vient me rejoindre personnellement? Qu’est-ce que le Seigneur vient me montrer ou me dire à travers ce passage ?

Les étapes 1 et 2 sont nécessaires pour ne pas faire de contresens dans l’interprétation et ne pas tomber dans le subjectivisme qui nous guette toujours.

Les clés d’une bonne interprétation

Le concile Vatican II indique trois critères pour une interprétation de l’écriture conforme à l’Esprit qui l’a inspiré:

  1. Porter une grande attention « au contenu et à l’unité de toute l’écriture »;
  2. Lire ensuite l’Écriture dans « la Tradition vivante de toute l’Eglise ».
  3. Être attentif « à l’analogie de la foi ». C’est à dire à la cohésion des vérités de la foi entre elles et dans le projet total de la révélation. » (§ 111 du CEC.)

Sœur Marie-Anne

 

2017-07-03T16:03:23+00:000 commentaire

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