Incontournable

Chercher à faire la volonté de Dieu n’est pas une démarche optionnelle pour le chrétien. Cet appel à se conformer à sa volonté divine jalonne toutes les saintes Écritures. Il commence, dans l’Ancien Testament, par la demande d’écouter les commandements de Dieu et de les mettre en pratique, et culmine dans la prière de Jésus à Gethsémani : « Père, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux» (Mt 26,39).

Peur

Cette invitation à faire la volonté de Dieu suscite peut-être en toi une appréhension ? Tu n’oses pas t’en approcher de trop près ? Si c’est le cas, ne t’en étonne pas : depuis la genèse et le péché originel,  ces réticences habitent le cœur de tout homme.

Alors si tu as peur de la volonté de Dieu sur toi, dis-le-Lui. Patiemment Dieu te montrera comment Il veut le meilleur pour toi, et donc, que tu n’as pas à le craindre. Il te conduira plus loin dans la découverte de son amour, le lieu de son Royaume, là où « l’amour bannit la crainte » (1 Jn 4, 18). En chacun de nous il y a une sorte d’animal sauvage, craintif, qui a besoin d’être apprivoisé par l’amour de Dieu.

Sois tranquille, Dieu n’est pas un despote. Ne te laisse pas détourner par la mauvaise petite voix qui susurre : « si tu donnes le petit doigt, ce sera ensuite ton bras et c’est toi qui va y passer tout entier, méfies toi ». C’est un double mensonge : premièrement parce que Dieu n’abuse personne ; secondement, parce que tu si tu « y passais tout entier », c’est le meilleur qu’il puisse t’arriver. C’est sans doute cela la sainteté.

Crois que Dieu est bon. Éloigne de ton esprit l’idée que Dieu pourrait te contraindre, te faire du mal, ou te rendre malheureux.

Union des volontés

Tu chercheras la volonté de Dieu si tu désires l’union à Dieu.

Si tu aimes Dieu, tu chercheras à entrer dans ses voies. Tu as commencé ce chemin à chaque fois que tu écoutes la Parole de Dieu et que tu essayes de la mettre en pratique ; à chaque fois que tu cherches à mettre en conformité ta vie avec ce que dit l’Église, à chaque fois que tu t’appliques à accomplir ton devoir d’état.

Mais sans doute perçois-tu, qu’il y a une manière plus incisive d’accomplir la volonté de Dieu. Elle consiste à faire appel à l’Esprit Saint et au discernement avant de prendre une décision, une orientation. L’intention de départ est différente: au lieu de prendre une décision et de demander ensuite à Dieu de la bénir, il s’agit de lui demander en amont: « Seigneur, que veux tu que je fasse ? » Cette manière de faire témoigne d’un passage à une nouvelle étape de maturité spirituelle : celle de celui qui veut faire l’œuvre de Dieu au lieu de faire des œuvres pour Dieu.

Si tu es prêt, prie ainsi : « Fais moi découvrir ta volonté Seigneur, pour que je l’accomplisse », alors Dieu te conduira pas à pas. Il t’ouvrira la route, mais ne fera pas le pas à ta place !

Il n’y a que Dieu pour respecter à ce point ta liberté. Il opère une douce influence qui laisse libre.

Découvre l’enjeu : l’union des volontés, par amour. Quand tes désirs seront purifiés, tu te rendras compte que ce que Dieu veut pour toi, c’est ce que tu veux au plus profond de toi, même si ce n’est pas toujours facile. Cela passe par un chemin de purification de tes désirs et de la volonté égoïste qui habite tout homme.

Cherche à te mettre d’accord avec Dieu. D’accorder ton vouloir avec son vouloir. Que le vouloir de Dieu devienne le tien.

Confiance et abandon

Il se peut que tu aies déjà prononcé ou chanté cette prière de Charles de Foucauld : « Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira. Quoique tu fasses de moi, je te remercie. Je suis prêt à tout. J’accepte tout, pourvu que ta volonté se fasse en moi. » Si tu regardes de près ce que tu exprimes en disant cette prière, tu vois combien c’est engageant. Si tu crois vraiment à ce que tu dis à ce moment là, quel saut dans la confiance ! De fait, avant de dire « que ta volonté se fasse en moi », Charles de Foucauld commence par un acte de confiance : « mon Père, je m’abandonne à toi ». La clé pour faire la volonté de Dieu est bien là : d’abord avoir confiance en Dieu.

La confiance est un pari dans l’amour. Mais avec Dieu, on est sûr d’être gagnant dans le pari.

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 « Il sait ce qui est meilleur pour nous » – Saint Alphonse-Marie de Liguori –

 

1. Unir notre volonté à la très sainte volonté de Dieu, voilà toute la perfection de l’amour divin. Le principal effet de l’amour, enseigne Saint Denys l’Aréopagite, est précisément d’unir les volontés, de ne laisser à ceux qui s’aiment, qu’un même vouloir. Ainsi donc, plus une âme sera unie à la divine volonté, plus grand sera son amour.

3. La bienheureuse Stéphanie de Soncino, dominicaine, fut un jour, en esprit, conduite au ciel. Elle y rencontra, dans le chœur des Séraphins, plusieurs personnes qu’elle avait connues, et il lui fut dit qu’elles avaient mérité cet excès de gloire par la parfaite union de volonté qu’elles avaient eue sur la terre avec la volonté de Dieu. Ici bas, pour apprendre à aimer le bon Dieu, nous devons nous mettre à l’école des habitants du ciel. Leur pur et parfait amour pour Dieu ne fait qu’un avec leur parfaite union à la volonté de Dieu.

15. Livrons-nous donc, avec un abandon sans réserve, au bon plaisir de notre divin Seigneur ; il est infiniment sage : il sait ce qui est le meilleur pour nous ; il est infiniment aimant, il a donné sa vie pour nous : donc aussi, il veut ce qui nous est le meilleur pour nous. Soyons une bonne fois persuadé, comme nous y invite Basile, que Dieu gouverne notre vie pour notre avantage, mieux, sans comparaison, que nous ne pouvons nous-mêmes ou le faire ou le désirer.

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 Sœur Marie-Anne LE ROUX. Extraits du Manuel spi du catho rusé, Ed. Salvator, p. 127-131