« Des pages de la Bible  se révèlent obscures et difficiles en raison de la violence et de l’immoralité qu’elles contiennent parfois.

À ce sujet, il faut avant tout tenir compte du fait que la révélation biblique est profondément enracinée dans l’histoire. Le dessein de Dieu s’y manifeste progressivement et se réalise lentement à travers des étapes successives, malgré la résistance des hommes. Dieu choisit un peuple et l’éduque avec patience. La Révélation s’adapte au niveau culturel et moral d’époques lointaines et rapporte par conséquent des faits et des usages, par exemple des manœuvres frauduleuses, des interventions violentes, l’extermination de populations, sans en dénoncer explicitement l’immoralité ; cela s’explique par le contexte historique, mais peut surprendre le lecteur moderne, surtout lorsqu’on oublie les nombreux comportements « obscurs » que les hommes ont toujours eus au long des siècles, et cela jusqu’à nos jours. Dans l’Ancien Testament, la prédication des prophètes s’élève vigoureusement contre tout type d’injustice et de violence, collective ou individuelle, et elle est de cette façon l’instrument d’éducation donné par Dieu à son peuple pour le préparer à l’Évangile. Il serait donc erroné de ne pas considérer ces passages de l’Écriture qui nous apparaissent problématiques. Il faut plutôt être conscient que la lecture de ces pages requiert l’acquisition d’une compétence spécifique, à travers une formation qui lit les textes dans leur contexte historico-littéraire et dans la perspective chrétienne qui a pour ultime clé herméneutique « l’Évangile et le commandement nouveau de Jésus Christ accompli dans le mystère pascal »

(§ 42 Verbum Domini.)

 

« La Parole de Dieu a été formulée dans un langage et une phraséologie conditionnés par telle ou telle époque »

« Le Christianisme perçoit dans les paroles la Parole, le Logos lui-même, qui fait rayonner son mystère à travers cette multiplicité et la réalité d’une histoire humaine. »

(§ 44 V.D.)