Le goût de demeurer en sa présence

L’adoration eucharistique peut déposer en toi le goût de demeurer en sa présence. C’est pourquoi, si tu te sens faible et sans vigueur pour mettre en place l’oraison quotidienne, le Seigneur te tend la main en te proposant de venir l’adorer dans son Saint-Sacrement. L’adoration va t’apprendre cette mise en présence de Dieu.

C’est un temps de grâce en raison même de sa présence eucharistique qui se donne à voir et qui t’invite à rester.  Il se peut alors que te soit donné de goûter à sa présence comme un baume qui dilate ton cœur, comme un voile de douceur qui enveloppe tous tes sens. C’est un apaisement autant intérieur qu’extérieur. Si tu expérimentes cela, tu verras que dans ce cas là, tu n’as plus envie de bouger, de peur de perdre cette paix. Surtout tu veux rester là, immobile, sans bruit de paroles ni même de pensées. Demeurer paisible en Lui…

Il est vrai que l’adoration est une porte d’entrée sur le cœur de Jésus, et quand il t’est donné de te caler contre le cœur de Dieu, tu as des raisons de ne plus vouloir en bouger.

Le danger de la paresse spirituelle

Il est heureux que tu aies ainsi pris l’habitude de te reposer sur le Seigneur, mais méfie toi cependant de la paresse spirituelle et de l’engourdissement de ton âme. Sache qu’elle peut s’habituer à un confort et s’attiédir.

La tentation, est en effet d’en rester là, de s’en tenir à cet état où l’âme se repose sur le Seigneur. Il peut y avoir alors un glissement subtil vers une paresse spirituelle. Cela se ressent par l’impression de plafonner, de stagner : je n’avance plus dans ma vie spirituelle, plus rien ne se passe, je n’apprends plus rien, je ne vois plus vers quels nouveaux rivages aller. Vérifie alors si tu es capable de prendre ton temps de prière personnelle en dehors du soutien de la présence eucharistique. Es-tu en mesure de vivre un temps d’oraison, de méditation de la Parole de Dieu? Etc.

Le sentiment de stagner peut donc être une invitation à découvrir une autre nourriture spirituelle, à mettre en œuvre tes facultés, telles que l’intelligence, la volonté. L’intelligence te permet de scruter les écritures, la volonté te donne la capacité de te retirer seul, chez toi, pour l’oraison, de te lever le matin de bonne heure pour prier. Mais ces facultés n’opèrent que si tu les mets en œuvre et ne les laisse pas inactives.

*  *  *

L’âme s’imprègne de Dieu – Père Matta EL-MASKÎNE

 « La prière est ouverture sur l’énergie active de Dieu, force invisible, force intangible. Selon la promesse du Christ (Jn 6, 37), l’homme ne peut sortir de devant Dieu sans obtenir un changement essentiel, un renouvellement qui ne sera pas soudaine irruption, mais construction minutieuse et lente, presque imperceptible. 

Celui qui persévère devant Dieu, et qui persiste sans se lasser à se confier à lui par la prière, recevra en retour bien plus qu’il n’espérait, et bien plus qu’il ne méritait. Celui qui vit dans la prière amasse un immense trésor de confiance en Dieu. La force et la certitude de ce sentiment dépassent l’ordre du visible et du tangible. Car l’âme s’imprègne de Dieu, profondément en tout son être, et l’homme ressent la présence de Dieu avec une grande certitude, au point de se sentir plus grand et plus fort que lui-même. Il acquiert alors la conviction d’une autre existence, supérieure à sa vie temporelle, sans toutefois ignorer sa faiblesse ni perdre le souvenir de ses déficiences. »

*  *  *

Sœur Marie-Anne LE ROUX. Extraits du Manuel spi du catho rusé, Ed. Salvator, p.

 

2017-06-14T11:37:34+00:000 commentaire

Laisser un commentaire

diam ante. consectetur libero efficitur. ut dapibus