Un aspect très prégnant dans la liturgie est celui de la gratuité : quoi de plus gratuit que cette louange à laquelle Dieu nous appelle chaque jour ? Comment pouvons-nous arriver à être présent, de corps et de cœur, à la liturgie, quand notre journée est submergée de choses à faire…  S’accorder ne serait-ce que quelques minutes pour se reposer, se détendre, marcher, admirer un paysage ou un tableau : mettre un tout petit peu de gratuité dans notre journée, c’est se préparer à s’accorder le temps de célébrer Dieu !

Une autre condition, lointaine mais nécessaire, de la préparation  à la célébration liturgique est celle de pratiquer l’art de bien travailler : saint Benoît  dit que le moine est vraiment moine quand il travaille de ses mains (Ch.48). Travailler de tout son cœur, du mieux que l’on puisse, c’est apprendre à donner le meilleur de soi-même, quelle que soit l’activité, dont la fin est toujours en Dieu. Une aînée de nos communautés disait : ne croyez pas que si vous bâclez votre travail pour courir à la prière, vous pourrez prier : qui bâcle son travail bâcle sa prière.

(…) La prière commune décentre notre cœur et nous ouvre à l’œuvre de création que le Seigneur veut faire en nous et par nous. Celui qui se laisse conduire par la liturgie de l’Eglise apprend à conduire sa vie sous le regard de Dieu. Il apprend jour après jour, à laisser Dieu le conduire, par des chemins qu’il n’avait pas toujours prévu. Des chemins s’ouvrent dans son cœur, dit le psaume 83.

Sœur Fabienne Hyon, osb, Monastère de St-Thierry (51)

Extrait de l’article « Se préparer à la liturgie », paru dans la revue Caecilia (Eglise catholique en Alsace) Janvier 2014.